La plaine de l'Adour, où s'étend Tarbes au pied des Pyrénées, présente un sous-sol d'une hétérogénéité remarquable: des alluvions récentes peu denses côtoient la molasse argilo-sableuse tertiaire, parfois altérée sur plusieurs mètres. Cette alternance, typique du piémont pyrénéen, impose une réflexion rigoureuse dès l'avant-projet. À Tarbes, une conception de fondations sur pieux ne se résume pas à un transfert de charges en profondeur; elle exige un calage géologique précis du substratum résistant. L'expérience locale montre que la profondeur du toit de la molasse saine peut varier de 6 à 15 mètres sur une même parcelle, en raison des paléovallées comblées. Pour lever ces incertitudes, le bureau d'études s'appuie sur une campagne de reconnaissance combinant le sondage pressiométrique pour établir le profil de résistance nette limite, et l'analyse des carottes pour identifier les passées compressibles. Le géotechnicien évalue ensuite la capacité portante sous sollicitations verticales et horizontales, en tenant compte du caractère évolutif des sols avec la saturation hydrique saisonnière.
Le fût du pieu traverse des formations aux comportements radicalement différents: la résistance en pointe dans la molasse saine peut quadrupler sur moins de deux mètres de profondeur.



